Six Erreurs à Éviter Absolument Si vous êtes Anxieux

Dans cet article apprenez les fondamentaux d’une lutte efficace et bien ordonnée contre l’anxiété.

Que l’on soit anxieux de nature, suite à un événement traumatique ou une accumulation quotidienne de stress, c’est dur, et c’est injuste.

La bonne nouvelle est qu’il est possible de s’en sortir pour peu que l’on évite un certain nombre d’erreurs d’autant plus fréquentes que certaines proviennent de la pathologie anxieuse elle-même.

Il est donc bon de les rappeler, de les rappeler, et de les rappeler encore.

Suivez le guide.

Erreur n°1 : Croire que l’anxiété est une fatalité

“Je suis anxieux, c’est ma nature, c’est comme ça depuis que je suis tout petit, ce n’est pas à mon âge que cela va changer”…

Non, non, non !

Quelle que soit l’origine de votre anxiété, ce n’est pas une fatalité et il est toujours possible d’agir pour en limiter l’impact négatif sur votre qualité de vie.

Oui, et ce quel que soit votre âge, votre niveau d’anxiété, l’ancienneté de cet état ou le poids qu’elle fait peser sur votre quotidien.

C’est aujourd’hui attesté par de nombreuses études scientifiques et je peux vous dire qu’elles portent parfois sur des gens très fortement handicapés par ce trouble.

C’est un peu comme d’une tendance à l’introversion.

Cela peut provenir de votre personnalité, ou de mauvaises expériences avec autrui mais à chaque instant il demeure possible de s’ouvrir un peu plus aux autres.

 

Aucune fatalité.

 

Cela demande juste de s’y mettre sérieusement et de procéder avec méthode.

 

Erreur n°2 : Négliger son hygiène de vie

1) Diminuez votre consommation de café, de cigarette et d’alcool.

Le premier cause des sensations corporelles qui sont assimilées aux manifestations anxieuses de type accélération du rythme cardiaque et troubles intestinaux.

Si vous êtes anxieux, vous avez toutes les chances d’être naturellement plus à l’écoute que les autres des informations désagréables que vous transmet votre corps.

Un café fort, et vous voilà dans un état de tension latente que vous assimilez à l’arrivée de l’anxiété.

Cela vous stresse, vous vous dites “oh non, voilà que ça recommence” et hop-là, l’anxiété déboule par un mécanisme totalement tarte, artificiel, mais malheureusement bigrement efficace.

La cigarette n’arrange pas les choses, d’autant que sa consommation est souvent associée au café.

L’alcool pour sa part a un effet relaxant à court terme mais anxiogène à moyen terme. Attention cependant si vous êtes très dépendant de l’un des trois car une diminution de leur consommation augmente l’anxiété à court terme.

 

2) Pratiquez une activité sportive régulière

Le sport est bon, que dis-je, est excellent pour la santé, vous le savez déjà. Je vous laisse donc le soin de jeter un oeil sur ce site qui vous rappellera les bienfaits du sport pour la santé : https://www.sport-sante.fr/

 

3) Apprenez et pratiquez la relaxation

Exercice physique et relaxation sont les deux activités ayant le mieux démontré leur efficacité dans la lutte contre les troubles anxieux.

La relaxation vous aidera en outre à affronter et gérer plus efficacement les poussées anxieuses et/ou les attaques de panique si vous y êtes sujet.

Pour aller plus loin : Efficacité des thérapies alternatives : 34 médecines douces passées au crible

 

4) Prenez soin de votre sommeil

Donc exit le sport tard le soir, les repas trop copieux, la télé jusqu’à point d’heure, le travail que l’on doit finir avant demain, les siestes dans la journée…

 

Erreur n°3 : Croire que l’on peut toujours s’en sortir seul

Combattre son anxiété nécessite de se prendre en main quant à cette question, et de mettre en place des mesures progressives pour s’en sortir.

Néanmoins, il ne faut pas hésiter à se faire aider par un professionnel compétent.

 

1) Pourquoi consulter ?

Beaucoup d’anxieux hésitent à le faire. Tout d’abord il faut bien reconnaître qu’on ne sait jamais à qui s’adresser.

Ensuite, et c’est souvent le fond du problème, les anxieux pensent souvent qu’ils peuvent s’en sortir seul, qu’ils contrôlent les choses et que ça va aller.

En effet, pour survivre dans un monde qu’il voit plein de menaces, la stratégie de l’anxieux est de contrôler le maximum de choses, en prévoyant toutes les possibilités à l’avance.

Seulement on ne contrôle pas notre environnement, ce qui confronte au fait que malgré tous nos efforts, cela ne se passe pas toujours comme prévu.

Donc penser que l’on peut gérer les choses sans aller voir un professionnel provient parfois plus de la pathologie anxieuse que d’une évaluation objective.

 

2) Quand consulter ?

Mes conseils sont sur cette question : Demandez conseil à vos proches.

Evaluez la gravité du problème : souffrez-vous beaucoup de cette anxiété, altère-t-elle de façon nette votre qualité de vie, évitez-vous beaucoup d’activités à cause d’elle, la situation s’aggrave-t-elle ?

Si vous avez sérieusement essayé de vous en sortir seul depuis plus de six mois sans amélioration notable, il y a peu de chances que cela change sans aide.

 

3) Qui consulter ?

Allez voir un psychiatre membre de l’association française de thérapie comportementale et cognitive (AFTCC).

Notez bien que ce conseil est un parti prix, tous les professionnels ne seraient pas d’accord avec moi.

Je préfère néanmoins orienter vers un psychiatre (médecin) car un trouble anxieux entraîne parfois une prescription d’anxiolytiques.

Il vaut mieux selon moi bénéficier sur ce point de l’expertise d’un psychiatre plutôt que de celle d’un généraliste.

En effet, les anxiolytiques pouvant potentiellement induire tout un tas d’effets fâcheux dont une augmentation de la tolérance et une accoutumance, ils ne sont pas du tout à prendre à la légère.

Certaines personnes se retrouvent en service d’addictologie pour les arrêter.

Pour la même raison, je recommande un médecin plutôt qu’un psychologue. Ce dernier n’étant pas prescripteur, il n’est pas à mon sens à consulter en première instance.

De plus, j’oriente vers la thérapie comportementale et cognitive car c’est la psychothérapie dont l’efficacité est la mieux démontrée scientifiquement dans le cas des troubles anxieux.

En outre, la TCC n’est actuellement enseignée qu’aux professionnels de santé, ce qui limite les risques de tomber sur un professionnel totalement incompétent.

Enfin, les instituts de formation proposent tous des modules spécialisés dans la prise en charge du trouble anxieux.

Mais en cas de doute ou si vous avez besoin n’oubliez pas que le médecin généraliste est votre interlocuteur privilégié.

 

4) Quand arrêter de voir ce foutu psy ?

La personne qui souffre le plus de son anxiété c’est vous. Aussi n’allez pas voir le psy pour lui faire plaisir.

Une thérapie de l’anxiété doit permettre trois choses :

  • Gérer les émotions négatives
  • Avancer sur votre problème
  • Vous autonomiser,

c’est-à-dire vous rendre capable d’arrêter la thérapie pour continuer seul.

Beaucoup de patients restent chez leur psy parce qu’ils l’aiment bien, et ce malgré le fait qu’ils sont toujours aussi désemparés face à leur anxiété.

C’est une erreur, et cela donne des prises en charge interminables de type “gentillothérapie” qui ne servent qu’à vous transformer en accro de la thérapie et permettre à votre psy de partir aux Seychelles avec votre argent durement gagné.

Si au bout de quelques mois vous avez l’impression que cela ne vous aide pas à mieux gérer votre problème, n’ayez aucun état d’âme et allez voir quelqu’un d’autre.

Un bon psy, malgré le regard négatif qu’il pourra porter sur cette démarche, ne fera pas pression sur vous pour que vous restiez.

 

Erreur n°4 : Croire à une guérison miracle

Beaucoup de personnes souffrant d’anxiété font la ronde des médecins et des thérapeutes, essaient un peu de ça, puis un peu de ça, puis d’autres choses.

La démarche n’est pas critiquable en elle-même, car quand on souffre il est normal de chercher à ne plus souffrir.

Seulement elle entretient l’idée que la guérison miracle existe, idée fausse largement entretenue par toute une tripotée d’arnaqueurs et de pseudo-thérapeutes bons pour la poubelle.

Des améliorations importantes sont possibles. Mais pour y accéder il est nécessaire de faire le deuil de l’intervention divine qui, d’un anxieux, vous transformerait en moine zen.

L’idée de la guérison miracle, n’est pas moins un frein que celle de la guérison impossible.

 

Erreur n°5 : Mal gérer la relation à autrui

Deux écueils guettent l’anxieux dans sa relation à autrui, tout aussi dangereux l’un que l’autre.

1) S’isoler

Tendance fréquente quand on pense que les autres ne vous comprennent pas et qu’ils n’en ont rien à faire de vos difficultés.

Elle est néanmoins à éviter car l’isolement social favorise la dépression et vous prive d’une bonne partie des plaisirs de la vie quand vous n’en avez déjà pas beaucoup du fait de votre anxiété.

En revanche, les autres ne viendront sans doute pas beaucoup vers vous spontanément pour vous apporter leur soutien.

Faites le premier pas. L’anxiété, comme la dépression est un sentiment que tout le monde connaît un peu, ce qui permet de trouver compréhension et soutien chez autrui plus facilement qu’on ne le pense.

 

2) Se mettre sous la dépendance d’autrui

Ce point mérite une attention toute particulière. Si votre entourage est très compatissant et très compréhensif, cela peut déboucher sur des initiatives bien intentionnées mais qui aggravent les choses.

C’est le cas si votre entourage, systématiquement, fait les choses à votre place pour vous éviter une confrontation qui vous angoisse.

Par exemple, si vous avez peur de sortir de chez vous, que tout le monde se mobilise pour faire vos courses, aller chercher vos enfants à l’école, vous permettre de ne pas travailler et de rester à la maison… ces attentions vous verrouilleront très rapidement entre quatre murs.

Si l’on promène toujours un enfant dans une poussette car il fatigue des jambes, il n’apprendra jamais à marcher, n’est-ce pas ?

Et bien c’est exactement pareil.

Lutter contre l’anxiété c’est avant tout reprendre confiance dans sa capacité à l’affronter et à la gérer quand elle arrive.

Vivre dans un environnement calibré pour vous éviter l’anxiété va donc à l’encontre du processus thérapeutique.

Vous avez besoin que les autres vous soutiennent dans vos difficultés, pas qu’ils gèrent tout à votre place.

Faits-vous aider si besoin est, mais ne vous mettez pas sous leur dépendance.

 

Erreur n°6 : Limiter sa vie à l’anxiété

Vous êtes un individu ayant une vie, un passé, une famille, un environnement social, des envies, des désirs et des rêves.

L’anxiété est une part de votre vie, parfois une part importante, mais elle n’est pas vous.

Aussi ne vous renfermez pas sur votre anxiété.

Bien que fortement désagréable au quotidien, elle n’est pas tout le temps présente, ne vous laissez pas faire.

Profitez donc de vos bons moments, faites-vous des petits cadeaux, apprenez des trucs, aimez, vivez, voyez du monde.

Ciblez les plaisirs quotidiens dont vous parvenez à profiter.

Et faites partager votre expérience aux autres lecteurs souffrant d’anxiété dans les commentaires ci-dessous.

 

Quelles sont les autres erreurs à éviter selon vous ?